Analyser - Exportateur

En tant qu’exportateur, vous êtes intéressé à savoir combien vous rapporteront vos ventes à l’étranger. La question des taux de change est au nombre des éléments qui, tout comme le prix de vente et les quantités vendues, interviennent alors directement.

Plusieurs options s’offrent à vous. Vous pouvez attendre la date de règlement d’une facture pour acheter les devises étrangères via une transaction de change au comptant. Vous devez alors être conscient que vous supportez tous les risques liés aux fluctuations défavorables des taux de change et que de plus, le coût réel associé à ces risques ne sera connu que plus tard, au moment où vous procèderez à la conversion des devises. Le seul avantage de cette approche est qu’elle vous permet, le cas échéant, de bénéficier des fluctuations favorables de ces mêmes taux de change.

À l’opposé, vous pouvez couvrir tous les risques dès leur apparition. Entre ces deux extrêmes, une multitude d’autres approches sont à considérer. Comment définir celle qui répond le mieux à votre réalité et à l’atteinte de vos objectifs de rentabilité? La première étape pour répondre à cette question implique l’analyse de vos opérations commerciales et de votre cycle d’exploitation.

Schéma cycle d'exploitation

La volatilité des taux de change présente un risque qui se manifeste tout au long du cycle d'exploitation de votre entreprise. Plus ce cycle est long et complexe, plus le potentiel est grand pour que les fluctuations du taux de change affectent la rentabilité de vos opérations d'import/export. Attention toutefois, il ne faut surtout pas conclure qu’un cycle d’exploitation relativement court signifie que les risques de change sont inexistants. Les taux de change enregistrent parfois des fluctuations importantes sur de très courts horizons de temps.

Le risque de change est toujours présent

Prenons, à titre d'exemple, la situation d’un exportateur canadien qui vend ses produits au États Unis. Que le taux de change du dollar canadien vis-à-vis du dollar américain dépasse la parité comme en 2007, ou qu'il atteigne des niveaux extrêmes comme ceux enregistrés au début des années 2000, la valeur, exprimée en dollars canadiens, des flux monétaires encaissez des clients américains varie au rythme des fluctuations du taux de change. En conséquence, les bénéfices attendus des activités commerciales aux États Unis sont toujours à risque et ce, quelque soit la force ou la faiblesse relative de ces deux devises.

La situation est la même sur d'autres marchés alors que des devises comme l'Euro, la Livre Sterling, le  Franc Suisse, le Yen japonais, le Dollar australien, le Peso mexicain, le Real brésilien, etc. demeurent  hautement volatiles et imprévisibles.

Le tableau suivant illustre que la volatilité du marché des devises est un phénomène récurrent qui, à tout moment, menace votre rentabilité.

Impact des fluctuations à court terme du taux de change (CAD/USD)
en supposant une marge bénéficiaire prévue de 20%
PériodeTaux de change
(début de période)
Taux de change
(fin de période)
Variation
(CAD)
Marge prévueNouvelle margeVariation de la marge
juillet/octobre '030.71000.7700+8.5%20%10.6%-46.8% (sur 4 mois)
mai/novembre '040.71000.8500+19.7%20%0.2%-98.8% (sur 7 mois)
mai/septembre '050.78500.8900+13.4%20%5.8%-70.8% (sur 5 mois)
mars/mai '060.85500.9175+7.2%20%11.8%-40.9% (sur 2 mois)
février/juillet '070.84400.9670+14.6%20%4.7%-76.5% (sur 5 mois)
oct./novembre '080.76840.8697+13.1%20%6.0%-70% (sur 7 jours)
déc.08/janvier '090.76920.8499+10.4%20%8.5%-57.5% (sur 1 mois)

Un effet de levier potentiellement dévastateur pour votre marge bénéficiaire

Ce tableau met en évidence l'impact majeur du taux de change sur la marge de profit liée à vos exportations. On y constate entre autre qu'entre juillet et octobre 2003, l’appréciation de 8.5% du dollar canadien a entraîné une détérioration de 46.8% de la marge bénéficiaire prévue. Le reste du tableau présente des exemples similaires, tous basés sur les véritables mouvements du marché. Au cours des dernières années, les fluctuations du dollar canadien ont parfois dépassé les 20%! C’est dans ce contexte qu’il faut poser la question à savoir combien rapporteront vos prochaines ventes à l'étranger?